Hypatie, Charles Marie Rene Leconte de Lisle
Poèmes

Hypatie

par Charles Marie Rene Leconte de Lisle

Au déclin des grandeurs qui dominent la terre
Quand les cultes divins, sous les siècles ployés,
Reprenant de l'oubli le sentier solitaire,
Regardent s'écrouler leurs autels foudroyés ;
Quand du chêne d'Hellas la feuille vagabonde
Des parvis désertés efface le chemin
Et qu'au delà des mers, où l'ombre épaisse abonde,
Vers un jeune soleil flotte l'esprit humain ;
Toujours des Dieux vaincus embrassant la fortune,
Un grand coeur les défend du sort injurieux :
L'aube des jours nouveaux le blesse et l'importune
Il suit à l'horizon l'astre de ses aïeux.
Pour un destin meilleur qu'un autre siècle naisse
Et d'un monde épuisé s'éloigne sans remords :
Fidèle au Songe heureux où fleurit sa jeunesse,
Il entend tressaillir la poussière des morts,
Les Sages, les héros se lèvent pleins de vie !
Les poètes en choeur murmurent leurs beaux noms ;
Et l'Olympe idéal, qu'un chant sacré convie
Sur l'ivoire s'assied dans les blancs Parthénons.
O vierge, qui, d'un pan de ta robe pieuse,
Couvris la tombe auguste où s'endormaient tes Dieux,
De leur culte éclipsé prêtresse harmonieuse,
Chaste et dernier rayon détaché de leurs cieux !
Je t'aime et te salue, ô vierge magnanime !
Quand l'orage ébranla le monde paternel,



Poème publié et mis à jour le: 16 novembre 2012

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