Élégie Treizième - Élégie, Francis Jammes
Poèmes

Élégie Treizième - Élégie

par Francis Jammes

Lorsque l'on jouera de l'orgue pour nous seuls

dans l'église, elle aura des gouttes d'azur sous les cils,

des larmes de bienheureuse.

Mais où est celle qui est assez pure

pour mon âme qui est une cloche

d'église paysanne enfouie sous des aristoloches ?
Fiancée, où es-tu ?

Ah !
Si l'âme de mes roses blanches de juin souffle à tes lèvres de rose-Bengale :

lave ton corps, ô trembleuse, mets tes sandales et viens.

Quitte le monde amer et viens dans la cellule

de mes recueillements, d'où l'on entend courir l'eau vive sous les menthes

que le soleil blanc consume.

Pour toi, j'ai préparé la fraîcheur verte de mes rêves

où donnent des brebis.
Pour toi, j'ai un collier de cailloux blancs des grèves

lavés à l'eau des puits.

Si tu arrives lasse, je m'agenouillerai

et délierai tes sandales.
Tu n'auras qu'à laisser tomber sur mon épaule

ta tête, et je te porterai.

La maison blanche emplie d'une rumeur dorée

célébrera ta venue.
Ta sieste rêvera de la fraîcheur des cruches.

sur mon lit où je t'étendrai.

Et, pleurant d'amour, j'irai dans le blanc solstice,

suivi de mes chiens harassés, sonner la cloche en fleurs des plus pauvres églises

pour annoncer la
Fiancée.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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