Chantée a Letare un An Passé, Guillaume Apollinaire
Poèmes

Chantée a Letare un An Passé

par Guillaume Apollinaire

C'est le printemps viens-t'en
Piquette
Te promener au bois joli
Les poules dans la cour caquctent
L'aube au ciel fait de roses plis
L'amour chemine à ta conquête

Mars et
Vénus sont revenus
Ils s'embrassent à bouches folles
Devant des sites ingénus
Où sous les roses qui feuillolent
De beaux dieux roses dansent nus

Viens ma tendresse est la régente
De la floraison qui paraît
La nature est belle et touchante —
Pan sifflote dans la forêt

Les grenouilles humides chantent

Beaucoup de ces dieux ont péri
C'est sur eux que pleurent les saules
Le grand
Pan l'amour
Jésus-Christ
Sont bien morts et les chats miaulent
Dans la cour je pleure à
Paris

Moi qui sais des lais pour les reines -Les complaintes de mes années
Des hymnes d'esclave aux mueènes
La romance du mal aimé
Et des chansons pour les sirènes

L'amour est mort j'en suis tremblant

j'adore de belles idoles

Les souvenirs lui ressemblant

Comme la femme de
Mausole

je reste fidèle et dolent

Je suis fidèle comme un dogue
Au maître le lierre au tronc
Et les
Cosaques
Zaporogues
Ivrognes pieux et larrons
Aux steppes et au décalogue

Portez comme un joug le
Croissant
Qu'interrogent les astrologues
Je suis le
Sultan tout-puissant 0 mes
Cosaques
Zaporogues
Votre
Seigneur éblouissant

Devenez mes sujets fidèles heur avait écrit le
Sultan
Ils rirent à cette nouvelle
Et répondirent à l'instant
A. la lueur d'une chandelle



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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