A Nîmes, Guillaume Apollinaire
Poèmes

A Nîmes

par Guillaume Apollinaire

A
Emile
Léonard.

Je me suis engagé sous le plus beiu des cieux
Dans
Nice la
Marine au nom victorieux

Perdu parmi 900 conducteurs anonymes

Je suis un charretier du neuf charroi de
Nîmes

L'Amour dit
Reste ici
Mais là-bas les obus ousent ardemment et sans cesse les buts

J'attends que le printemps commande que s'en aille
Vers le nord glorieux l'intrépide bleusaille

Les 3 servants assis dodelinent leurs fronts

Où brillent leurs yeux clairs comme mes éperons

Un bel après-midi de garde à l'écurie
J'entends sonner les trompettes d'artillerie

J'admire la gaieté de ce détachement

Qui va rejoindre au front notre beau régiment

Le territorial se mange une salade

A l'anchois en parlant de sa femme malade

4 pointeurs fixaient les bulles des niveaux
Qui remuaient ainsi que les yeux des chevaux

Le bon chanteur
Girault nous chante après 9 heures
Un grand air d'opéra toi l'écoutant tu pleures

Je flatte de la main le petit canon gris

Gris comme l'eau de
Seine et je songe à
Paris

Mais ce pâle blessé m'a dit à la cantine
Des obus dans la nuit la splendeur argentine

Je mâche lentement ma portion de bœuf
Je me promène seul le soir de 5 à 9

Je selle mon cheval nous battons la campagne
Je te salue au loin belle rose ô tour
Magne



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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