Sonnet 119, William Shakespeare
Poèmes

Sonnet 119

par William Shakespeare

William Shakespeare

Que de fois je me suis abreuvé de larmes de sirène,
distillées d’alambics aussi noirs que l’enfer!
appliquant les craintes sur les espérances,
les espérances sur les craintes,
perdant toujours à chacune de mes victoires!

Quelles misérables erreurs mon cœur a commises,
alors qu’il se croyait au comble du bonheur!
Comme mes yeux ont été jetés hors de leur sphère,
dans la distraction de cette fièvre délirante!

Ô bénéfice du mal! J’ai reconnu ainsi que le pire fait paraître le bien meilleur,
et que l’amour en ruine, une fois restauré,
reparaît plus beau, plus fort, plus grand qu’il n’était d’abord.

Ainsi, je reviens par rebut à mon bonheur,
et je gagne par le mal trois fois plus que je n’ai perdu.

Extrait de: 
Traductions de William Shakespeare (Victor Hugo)



Poème publié et mis à jour le: 06 septembre 2017

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top