Poèmes

Sérénade

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

Comme la voix d'un mort qui chanterait

Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait

Ma voix aigre et fausse.

Ouvre ton âme et ton oreille au son

De ma mandoline " :
Pour toi j'ai fait, pour toi, cette chanson

Cruelle et câline.

Je chanterai tes yeux d'or et d'onyx

Purs de toutes ombres.
Puis le
Léthé de ton sein, puis le
Styx

De tes cheveux sombres.

Comme la voix d'un mort qui chanterait

Du fond de sa fosse.
Maîtresse, entends monter vers ton retrait

Ma voix aigre et fausse.

Puis je louerai beaucoup, comme il convient.

Cette chair bénie
Dont le parfum opulent me revient

Les nuits d'insomnie.

Et pour finir, je dirai le baiser

De ta lèvre rouge,
Et ta douceur à me martyriser,


Mon
Ange ! — ma
Gouge !

Ouvre ton âme et ton oreille au son

De ma mandoline :
Pour toi j'ai fait, pour toi, cette chanson

Cruelle et câline.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top