Poèmes

Simples Fresques

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

BRUXELLES

I

La fuite est verdâtre et rose
Des collines et des rampes.
Dans un demi-jour de lampes
Qui vient brouiller toute chose.

L'or, sur les humbles abîmes,
Tout doucement s'ensanglante.
Des petits arbres sans cimes
Où quelque oiseau faible chante.

Triste à peine tant s'effacent
Ces apparences d'automne.
Toutes mes langueurs rêvassent.
Que berce l'air monotone.

II

L'allée est sans fin
Sous le ciel, divin
D'être pâle ainsi !
Sais-tu qu'on serait
Bien sous le secret
De ces arbres-ci ?

Des messieurs bien mis,
Sans nul doute amis
Des
Royers-Collards ',
Vont vers le château
J'estimerais beau
D'être ces vieillards.

Le château, tout blanc
Avec, à son flanc.
Le soleil couché,
Les champs à l'entour :
Oh ! que notre amour
N'est-il là niché !



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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