Pensionnaires, Paul Verlaine
Poèmes

Pensionnaires

par Paul Verlaine

L'une avait quinze ans, l'autre en avait seize ;
Toutes deux dormaient dans la même chambre.
C'était par un soir très lourd de septembre :
Frêles, des yeux bleus, des rougeurs de fraise ".

Chacune a quitté, pour se mettre à l'aise,
La fine * chemise au frais parfum d'ambre.
La plus jeune étend les bras, et se cambre.
Et sa sœur, les mains sur ses seins, la baise,

Puis tombe à genoux, puis devient farouche

Et tumultueuse et folle, et sa bouche''

Plonge sous l'or blond, dans les ombres grises ;

Et l'enfant, pendant ce temps-là, recense
Sur ses doigts mignons des valses promises.
Et, rose, sourit avec innocence.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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