Poèmes

Passage Clandestin

par Pierre Reverdy

Pierre Reverdy

On entre par la porte à côté

La maison est triste et reste fermée

Quelqu'un passe sous la fenêtre et baisse les yeux

On a peur de faire du bruit

Des milliers de lumières s'allument dans la nuit

Sous les timbres pressés et la lumière dure

On emporte des hommes morts

Des femmes qui lèvent les bras et crient

Un enfant court derrière la voiture

Quelques heures avant le jour la fête dure encore

La fête nocturne avec un vrai décor

La ville descend

Moi je suis dans ma chambre et j'attends

Nous sommes gais

Quelqu'un vient de sonner à la porte à côté

On revient du combat comme d'un amusement

Prêt à l'oubli

Si la fatigue nous lâche un moment

Dans le fond de la salle on entend des sanglots

Sous la fenêtre où vient frapper la pluie
Les autres se sont endormis

Le jour se lève un peu

Tout le monde s'éveille

En partant j'ai oublié mon chapeau

Vous regardez mon front et je courbe le dos

La porte est restée grande ouverte

Sur le couloir sans fond et la place déserte



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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