Ores, Plus que Jamais, me Plaît D'aimer la Muse, Joachim du Bellay
Poèmes

Ores, Plus que Jamais, me Plaît D'aimer la Muse

par Joachim du Bellay

AmourJoachim Du Bellay

Sonnet XXII.

Ores, plus que jamais, me plaît d'aimer la Muse
Soit qu'en français j'écrive ou langage romain,
Puisque le jugement d'un prince tant humain
De si grande faveur envers les lettres usé.

Donc le sacré métier où ton esprit s'amuse
Ne sera désormais un exercice vain,
Et le tardif labeur que nous promet ta main
Désormais pour Francus n'aura plus nulle excuse.

Cependant, mon Ronsard, pour tromper mes ennuis,
Et non pour m'enrichir, je suivrai, si je puis,
Les plus humbles chansons de ta Muse lassée.

Ainsi chacun n'a pas mérité que d'un roi
La libéralité lui fasse, comme à toi,
Ou son archet doré, ou sa lyre crossée.

Extrait de: 
Recueil : Les Regrets (1558)



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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