Poèmes

O

par Pierre Reverdy

Pierre Reverdy

Il y a des mains qui passent
Quelque chose passe dans le vent
Trois têtes au moins se balancent
Mes yeux partent à fond de train
J'arriverais à temps
Mais un poing me retient

Un homme est tombé

Quelqu'un est sorti et n'est pas rentré

Au cinquième la lampe est toujours allumée

Dans la nuit
Sous la pluie francs cinquante de taxi

Le numéro tombe à l'eau

Elle passe devant la bouche d'égout

Le trou

Quel dégoût

La pendule qui bat dans la maison est comme un cœur

Il y a des moments où l'on voudrait être meilleur

Ou tuer quelqu'un

Là il y a un piège

Un chat noir file sur la neige

Et des gens!

Des gens que je crains moins que les agents

La lune est fatiguée de regarder la nuit

Elle est partie

Et je vais m'y mettre

La porte ne me sert de rien ni la fenêtre

Je prie pour émouvoir le concierge du paradis
Celui où tu vis

heures /

Dans la vie je me serai toujours levé trop tard

Le temps est passé
Je n'ai rien fait

Une ombre glisse entre cour et jardin
Je serai là encore demain matin
Sur le trottoir

Des visages flottent là-bas dans le brouillard



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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