Naissances, Aime Césaire
Poèmes

Naissances

par Aime Césaire

Rompue.

Eau stagnante de ma face

sur nos naissances enfin rompues.

C'est entendu,

dans les stagnantes eaux de ma face,

seul,

distant,

nocturne,

jamais,

jamais,

je n'aurai été absent.

Les serpents ?

les serpents, nous les chasserons

Les monstres ?

Les monstres - nous mordant

les remords de tous les jours

où nous ne nous complûmes - baisseront le souffle,

nous flairant.

Tout le sang répandu

nous le lécherons,

en épeautres nous en croîtrons,

de rêves plus exacts,

de pensées moins rameuses.

Ne soufflez pas les poussières,

l'anti-venin en rosace terrible équilibrera l'antique venin;

ne soufflez pas les poussières ;

tout sera rythme visible,

et que reprendrions-nous ?

pas même notre secret.

Ne soufflez pas les poussières

Une folle passion toujours roide étant ce par quoi tout

sera étendu,

ce seront plus que tout escarboucles émerveillables

pas moins que l'arbre émerveillé

arbre non arbre

hier renversé

et vois,

les laboureurs célestes sont fiers d'avoir changé

ô laboureurs labourants

en terre il est replanté

le ciel pousse

il contre-pousse

arbre non arbre

bel arbre immense

le jour dessus se

pose oiseau effarouché



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top