Mon Enfant, Nous étions Enfants…, Heinrich Heine
Poèmes

Mon Enfant, Nous étions Enfants…

par Heinrich Heine

Mon enfant, nous étions enfants,
Deux enfants petits et gais ;
Nous rampions dans le poulailler,
Nous nous cachions sous la paille.

Nous imitions le chant du coq
Et si des gens passaient tout près –
« Cocorico ! », ils pensaient
Que c’était le cri du coq.

Les caisses, dans notre cour,
Nous les garnissions de tapis,
Et nous y habitions ensemble,
Et nous faisions un élégant logis.

Le vieux chat du voisin
Venait souvent en visite.
Nous lui faisions révérences et courbettes,
Et ce qu’il faut de compliments.

Nous l’avions interrogé, soucieux
Et amicaux, sur sa santé ;
Nous avons, depuis, répété
La même chose à maint vieux chat.

Souvent nous étions assis, et parlions
Raisonnables comme des vieux,
Et nous plaignions que tout
Etait bien mieux de notre temps ;

Que l’amour, la fidélité et la foi
N’existaient plus en ce bas monde,
Et que le café était cher
Et que l’argent était rare ! —

Disparus sont les jeux de l’enfance,
Et toute chose roule au loin –
L’argent et le monde et le temps
Et la foi, la fidélité et l’amour.



Poème publié et mis à jour le: 10 aot 2017

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