Marine, Fernand Gregh
Poèmes

Marine

par Fernand Gregh

Les mâts geignent sous les voiles,
Doucement,

Et bercent dans le gréement
Les étoiles.

Et le roulis est si doux,

Si tranquille,

Que le pont semble immobile
Devant nous,

Et qu'à travers le ciel libre,
Au vent frais

Où l'écheveau des agrès

Tremble et vibre,

On dirait que, dans l'air bleu,

Oscillante,
C'est toute la nuit qui, lente,

Roule un peu...

À peine si la mer gronde

Aux bords sourds

D'un récif que bat toujours
L'eau profonde.

L'humble odeur des foins fauchés

Du rivage
Glisse avec l'odeur sauvage

Des rochers.

L'ombre est orageuse et chaude ;

Dans les flots,
Un marsouin, près des hublots,

Souffle et rôde.

Et, sourd murmure à l'avant

Monotone,
J'écoute l'eau qui moutonne,

En rêvant.

Oui, ce soir, dans le silence

De la nuit,
Le monde sans fin, sans bruit,

Se balance...

-
Et je suis aussi bercé

Sur l'eau grise,
Je me sens parmi la brise

Balancé,

Au long murmure de la grève

Doux-amer,
Par deux infinis, la mer

Et le rêve...



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top