Les Oiseaux Anonymes, Michel Deguy
Poèmes

Les Oiseaux Anonymes

par Michel Deguy

Surface de la
Terre

Où nulle action de guerre ne m'attache

Ruines des châteaux d'Anne

Suscinio le
Guildo
Josselin

Surface de la
Terre

Dont mille millions de cœurs

Disposent autrement

Je ne sais plus le nom des arbres

Les étoiles quittent par groupes ma connaissance

Et brillent seules à l'homme à fond d'univers

Eux moi ce que nous fûmes

Se dérobe à nos rencontres

Je vis avec elle comme depuis toujours

J'ai laissé la maison sans m'assurer d'une autre

Et l'église est comme une femme

Que je ne peux savoir si j'aime

Les oiseaux volent sans nom

A leur place tu marmonnes

Ces périphrases comme

Dans les dialectes périssants

Où les femmes coixtournent les mots tabous

Je ne sais plus le nom des arbres
Les étoiles quittent la connaissance
Un poète ne peut
Supporter la froideur des hommes

O passé passé révolu dalles

Insignes au pied froid

Occam
Héloïse ou
Clairvaux

Poussière d'où me viendrait votre mémoire

A force de quel souffle

Il eût fallu gagner la rive de leur art

Le savoir ne m'est plus que poème effrité

Je : nœud le plus douloureux d'être

Et voué au plus dur dénouement

Le soubresaut d'un mort recroquevillé



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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