Les Historiens, François-Rene de Chateaubriand
Poèmes

Les Historiens

par François-Rene de Chateaubriand

Les
Historiens
II y a des genres de littérature qui semblent appartenir à certaines époques de la société : ainsi, la poésie convient plus particulièrement à l'enfance
des peuples, et l'histoire à leur vieillesse.
La simplicité des mœurs pastorales ou la grandeur des mœurs héroïques veulent être chantées sur la lyre d'Homère ; la raison et la corruption des nations
civilisées demandent le pinceau de
Thucydide.
Cependant la
Muse a souvent retracé les crimes des hommes ; mais il y a quelque chose de si beau dans le langage du poète que les crimes même en paraissent embellis : l'historien seul peut
les peindre sans en affaiblir l'horreur.
Lorsque, dans le silence et l'abjection, l'on n'entend plus retentir que la chaîne de l'esclave ou la voix du délateur ; lorsque tout tremble devant le tyran, et qu'il est aussi
dangereux d'encourir sa faveur que de mériter sa disgrâce, l'historien paraît, chargé de la vengeance des peuples.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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