Le Testament, Zohra Mansouri
Poèmes

Le Testament

par Zohra Mansouri

Kafka est le diadème du poème.
Il m'a apporté en cachette un souterrain et un testament.
Quand j'ai vu son visage, il y a eu éclipse de l'univers.
Tout est devenu fou : le ciel, ma pénombre et les anges.
Le chapeau est un paradis, a dit
Kafka.
L'avez-vous entendu ?
Kafka ne parle pas

Souterrain

silence

visages qui me reconnaissent

Et moi, avec mon corps strié

je m'étire dans le vide

La forme est un miroir obscurci

Les corps sont au mitan du mur

Mon visage m'est étrange

Le ciel s'est ramolli dans ma main

Je le mange

et redescends pour parler de mon pays

Le soleil est un kholkhal enserrant ma taille

et la forme, une colline

Où allez-vous, prophètes ?

Les gens dorment

Abusé par les fleurs

l'ange enterre son visage dans le carré barbare

L'inspiration est si morne

Avant de naître

j'ai vu l'univers en pleurs

J'ai vu ma mère m'étrangler avec mes langes

m'introduire dans sa fiole de khôl

sans que j'oppose de résistance

J'ai tant vu

et quand j'ai repris mon ascension

les anges sirotaient leur thé de la mi-journée

et déchargeaient dans un coin leur fatigue

J'ai dit :
Apprends-moi à respirer

cette union avec l'obscurité

à naître du noir

être enterrée dans la tiédeur de l'horizon

à l'insu des vieilles lampes

et lave-moi de toutes les légendes

Pas de gitans ici

Le sable est plus gros, moins froid

Pas de ports pour le voyage

Monte mes marches, ô enfant des anges égarés

plaintifs

laisse-nous planter dans tes côtes l'air, les ailes

et te passer le flambeau

Kafka est le diadème du poème



Poème publié et mis à jour le: 16 novembre 2012

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