Immeuble I, Dominique Grandmont
Poèmes

Immeuble I

par Dominique Grandmont

La nuit quand les bruits se font rares et que les couloirs s'ajoutent aux couloirs, je sais que nous n'existons pas,

je sais que tu ne reviendras pas, que demain ne reviendra pas ou que le jour viendra et prendra tout à coup ta place (et je ne te reconnaîtrai pas, et l'instant s'écoulera ainsi
sans penser à rien), lorsque tout à coup

quelqu'un vient que je ne reconnais pas, je n'arrive pas à le voir, je n'arrive pas à voir son visage et les sons des autres

étages sont les mêmes qui toujours se répondent, sont de

simples lueurs dans les couloirs silencieux où brillent les veilleuses de minuteries comme des mégots brûlant

dans l'ombre — et ainsi sans penser à rien, jusqu'à ce que la lumière

à nouveau jaillisse avec ce bruit profond de baiser que fait tout autour le

ciment.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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