Dévoreur, Aime Césaire
Poèmes

Dévoreur

par Aime Césaire

Le bouclier des mollusques

les mandibules des fourmis

les grands jeux du mimétisme à jeter bas le masque des

phasmes et des pharaons

la dialectique du cuivre

l'aldébaran matutinal

se peut-il que fasse

face de vie ou de mort

une feuille mal jouée publiée par le vent va caret couché sur le dos par la main perfide du sable claste iconoclaste tonnerre de non sans noms bélier et beffroi

date choisie pour toutes les grandes offensives de printemps coureur avant-coureur j ai mangé ma proie

et mes yeux ont poussé comme des ignames d'un champ inédit

mes yeux sont plus durs que la pierre mes yeux ont mis en croix ont lapidé ont flagellé ma cervelle

ma cervelle

va et vient

en blouse blanche de logarithmes

et puisque nous parlons d'économie de pensée tiens dévoreur

l'espace et le temps aimables serpents pince contre pince font une fornication trop belle pour l'épuisement de leur vésicule à venin enfantant à la face volubile de silence
et d'écho un frai munificent d'ombilics et de champignons la distribution de la chaleur s'intensifie à des proportions collectives le long de la barre que je chauffe et féconde
du suc hagard de mon haleine



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

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