Poèmes

Bucolique

par Aime Césaire

Aimé Césaire

Alors tout doucement la terre se pousse une crinière, vire en manœuvrant sa tête bien huilée de poulpe, roule dans sa cervelle une idée très visible à
l'endroit des circonvolutions, puis se précipite à toute allure, emportant en un vol ténébreux de roches et de météores, la rivière, les chevaux, les
cavaliers et les maisons.

Et cependant que l'argent des coffres noircit, que l'eau des piscines se gonfle, que les pierres tombales sont descellées, que la bucolique installe au creux une mer de boue qui
indolemment fume le meilleur macouba du siècle, de gigantesques lumières fusent au loin et regardent, sous leurs casques de noir champignon, une colline, bon berger roux, qui d'un
bambou phosphorescent pousse à la mer un haut troupeau de temples frissonnants et de villes.



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top