Poèmes

Au Revoir

par Ralph Waldo Emerson

traduit de l'anglais américain du poème original Good-Bye par Jean-Pierre Lefeuvre.

Au revoir, monde fier! je rentre à la maison:
Tu n’es pas mon ami, le tien je ne suis guère,
J’ai traversé longtemps les foules, les saisons;
Sur la mer des larmes, frêle esquif de rivière,
Longtemps fus balloté comme l’écume amère;
Maintenant, monde fier, je rentre à la maison.

Adieu, la Flatterie et sa face servile;
Au revoir la Grandeur, les grimaces subtiles;
L’arrogante Richesse à l’œil indifférent;
Au Pouvoir complaisant, qu’il soit petit ou grand ;
Aux foules des palais, à la rue, à la cour;
Aux cœurs toujours gelés, aux pieds pressés qui courent;
Adieu pour ceux qui viennent, adieu pour ceux qui vont;
Adieu, toi, monde fier ! je rentre à la maison.

Je m’en vais tout là-bas, vers ma propre chaumine,
Solitaire et cachée dans ces vertes collines,-
Un coin secret niché dans un doux paysage,
Dont les joyeuses fées ont prévu le bocage ;
Où les vertes ramures, tout au long des jours
Retentissent du chant des merles alentour,
Dont les gens du commun n’ont jamais vu les lieux,
Un endroit consacré pour l’esprit et pour Dieu.

Oh! quand dans ma forêt je savoure mon home,
Je piétine l’orgueil de la Grèce et de Rome;
Quand je suis sous les pins couché nonchalamment,
Que l’étoile du soir brille si saintement,
Je moque le savoir et la gloire de l’homme,
Les écoles sophistes, les clans, les diplômes;
Tous dans leur vanité, que feraient-ils donc mieux
Quand l’homme dans les bois peut rencontrer son Dieu?

Extrait de: 
2009, Poésies Anglaises et Américaines du XVIe au XXe siècle (Publibook)



Poème publié et mis à jour le: 15 aot 2019

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