Au Bord du Quai, Émile Verhaeren
Poèmes

Au Bord du Quai

par Émile Verhaeren

Et qu'importe d'où sont venus ceux qui s'en vont,
S'ils entendent toujours un cri profond
Au carrefour des doutes !
Mon corps est lourd, mon corps est las,
Je veux rester, je ne peux pas ;
L'âpre univers est un tissu de routes
Tramé de vent et de lumière ;
Mieux vaut partir, sans aboutir,
Que de s'asseoir, même vainqueur, le soir,
Devant son oeuvre coutumière,
Avec, en son coeur morne, une vie
Qui cesse de bondir au-delà de la vie.

Extrait de: 
Recueil : Les visages de la vie (1899)



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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