A George Bonnamour, Paul Verlaine
Poèmes

A George Bonnamour

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

J'étais malade de regrets, de quels regrets !
Toute ma bonne foi pleurait d'une méprise.
Mon corps qui fut naguère fort, si faible après
Agonisait presque, comme un tigre agonise.

Ma face dure aux poils fauves de barbe grise
Suait froid, mes yeux clos se rejoignaient trop près.
D'affreux hoquets me secouaient sous ma chemise
Et mes membres s'alignaient à la mort tout prêts.

Puis il fallut manger et boire.
Comment faire ?

Mais vous vous trouviez là qui me tendiez mon verre

Et découpiez ma chère et me " teniez le front.

Et, tout en écoutant, pieux, ma juste plainte,

La consolant parfois d'un mot franc dit sans crainte,

Berciez l'enfant qu'est moi des beaux jours qui seront.



Poème publié et mis à jour le: 02 dcembre 2012

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