A Emmanuel Chabrier, Paul Verlaine
Poèmes

A Emmanuel Chabrier

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

Chabrier, nous faisions, un ami cher et moi,
Des paroles pour vous qui leur donniez des ailes ",
Et tous trois frémissions quand, pour bénir nos zèles,
Passait l'Ecce
Deus et le
Je ne sais quoi.

Chez ma mère charmante et divinement bonne.
Votre génie improvisait au piano.
Et c'était tout autour comme un brûlant anneau
De sympathie et d'aise aimable qui rayonne.

Hélas ! ma mère est morte et l'ami cher est mort.
Et me voici semblable au chrétien près du port.
Qui surveille les tout derniers écueÛs du monde,

Non toutefois sans saluer à l'horizon.

Comme une voile sur le large au blanc frisson *,

Le souvenir des frais instants de paix profonde.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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