Poèmes

Un Moment D’égarement

par Léopold Partisan

C’était un dimanche après-midi de fin d’été…
La plage, ils allaient bientôt la démonter et la mer, jusqu’à la dernière vague, toute la replier. Mon Dieu, comme ils étaient déjà loin, ces vendredis de juin, de queues de cerises et de noyaux d’abricot. Mon Dieu, comme elles étaient déjà loin, ces randonnées de juin, dans les foins, à la plage, avec ou sans maillot.

C’était un dimanche après-midi de fin d’été…
En deux mois qu’est-ce qu’elle avait bien pu grandir… Tout comme les vagues qui de plus en plus avaient tendance à vouloir mugir et rugir. Comme elles nous semblaient bien fatiguées, ces dunes que nous avions arpentées et si souvent creusées. Comme ils avaient été irrémédiablement démolis tous ces magnifiques châteaux qu’ensemble nous avions construits.

Ce fut pourtant ce dimanche après-midi de fin d’été qu’enfin je ne fus plus ce gamin espiègle et plaisantin qui jamais n’avait osé depuis tous ces vendredis de juin, ni la regarder dans les yeux ni lui prendre la main. Ce fut pourtant ce dimanche après-midi de fin d’été qu’enfin je décidai à être bien plus qu’un bon copain, à qui l’on confie ses envies, ses regrets et ses chagrins.

Ce fut alors ce dimanche après-midi de fin d’été que nous prîmes conscience que le temps nous était compté, que dans un jour ou deux l’on serait séparé, que dans un mois ou deux l’on risquait de s’être oublié. Ce fut alors ce dimanche après-midi de fin d’été que nous nous éclipsâmes, presque à regret, de ses jeux d’enfants qui peu avant, encore nous passionnaient. Seuls dans ces dunes, où venait d’apparaître la lune, nous perdîmes notre belle assurance en regardant s’éloigner notre innocence.

Et le pire, oui le pire, c’est que nous y prîmes du plaisir…

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