Toute La Vie, Paul Celan
Poèmes

Toute La Vie

par Paul Celan

Paul Celan

Les soleils des demi-sommeils sont bleus comme tes cheveux une heure avant le jour.
Eux aussi poussent vite comme l’herbe sur la tombe d’un oiseau.
Eux aussi sont pris dans notre jeu, joué comme un rêve sur les bateaux des plaisirs.
Aux falaises crayeuses du temps les poignards les rencontrent aussi.

Les soleils des sommeils profonds sont plus bleus: ta boucle ne fut telle qu’une seule fois:
Je m’attardais comme un vent de nuit au sein vénal de ta soeur;
tes cheveux étaient à l’arbre au-dessus de nous, mais tu n’étais pas là.
Nous étions le monde, et tu étais un arbuste devant les porches.

Les soleils de la mort sont blancs comme les cheveux de notre enfant:
hors des hautes eaux il s’éleva quand tu dressas une tente sur la dune.
Les yeux éteints, il brandit sur nous le couteau du bonheur.



Poème publié et mis à jour le: 29 juin 2019

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