Sur le Calvaire, Paul Verlaine
Poèmes

Sur le Calvaire

par Paul Verlaine

Lorsque
Jésus fut mort, et comme une auréole
S'allumait bleue au front blanc du
Nazaréen,
Plus pâle qu'un cadavre et plus tremblant qu'un chien.
Le bon larron, prenant brusquement la parole :

«
Compagnon, que dis-tu de tout ceci ? —
Moi ?
Rien,
Répondit le mauvais larron.
Rien, âme molle,
Rien, ô cerveau chétif qu'un tel prodige affole.
Sinon qu'en pendant là cet homme l'on fit bien. »

Un coin du ciel s'ouvrit soudain comme une porte

Et la foudre s'en vint brûler l'audacieux

Qui hurla, puis reprit : «
On a bien fait, n'importe ! »

Un corbeau qui passait lui creva les deux yeux.
Et vers ses pieds mordus se dressait une louve.
Mais l'Obstiné cria : «
Qu'est-ce que cela prouve ? »



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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