Poèmes

Stances

par Alfred de Vigny

Alfred de Vigny

I

Tu demandes pour qui, sous leurs plumes nouvelles,
Ces vers, oiseaux naissants, volaient, chantaient en

[chœur ?
Ce n'est que sur ton sein qu'ils ont ployé leurs ailes,
Jamais ils n'ont souffert un œil profanateur.
Ingrate, pour toi seule ils veulent apparaître.
Ils sont nés d'un soupir, de tes baisers peut-être,
Et, comme ton image, ils dormaient dans mon cœur!

II

Si tu le veux, pour toi, solitaire et dans l'ombre,
Ils chanteront tout bas, et ton sein agité
Couvrira comme un nid leur essaim doux et sombre.
Mais n'aimes-tu pas mieux, orgueilleuse
Beauté,
Leur donner l'essor libre et le ciel, leur empire,
Suivre de tes grands yeux leur passage, et te dire : «
Mon nom avec l'amour sous leur aile est caché ? »

b)
Autre version des sept premiers vers.

novembre à minuit.

Tu demandes pour qui vole au-delà des fleuves (dans les

[ombres).
Cet essaim d'oiseaux qui cherchent le bonheur ?
Ingrate !
Ils mourront tous, si, sur leurs ailes neuves /

D'un baiser de ta lèvre ils n'ont pas la chaleur.
Pour toi seule, en tes nuits, ils voulaient apparaître,
Ils sont nés d'un soupir, d'une larme peut-être,
V
Et, près de ton image, ils dormaient dans mon cœur.

c)
Un manuscrit conservé à la
Bibliothèque nationale (n.a.fr. ) donne encore la rédaction suivante :

Tu demandes vers qui s'envolent dans les ombres
Ces vers, oiseaux naissants qui cherchent le bonheur ?
Ingrate!
Ils mourront tous si, sur leurs ailes sombres
D'un baiser de ta lèvre ils n'ont pas la chaleur.
Pour toi seule, en tes nuits, ils voulaient apparaître.
Ils sont nés d'un soupir, d'une larme peut-être,
Et, comme ton image, ils dormaient dans mon cœur.



Poème publié et mis à jour le: 12 juillet 2017

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