Solde, Arthur Rimbaud
Poèmes

Solde

par Arthur Rimbaud

À vendre ce que les
Juifs n'ont pas vendu, ce que noblesse ni crime n'ont goûté, ce qu'ignorent l'amour maudit et la probité infernale des masses : ce que le temps ni la science n'ont pas à
reconnaître :

Les
Voix reconstituées ; l'éveil fraternel de toutes les énergies chorales et orchestrales et leurs applications instantanées ; l'occasion, unique, de dégager nos sens
!

À vendre les
Corps sans prix, hors de toute race, de tout monde, de tout sexe, de toute descendance !
Les richesses jaillissant à chaque démarche !
Solde de diamants sans contrôle !

À vendre l'anarchie pour les masses ; la satisfaction irrépressible pour les amateurs supérieurs ; la mort atroce pour les fidèles et les amants !

À vendre les habitations et les migrations, sports, féeries et comforts parfaits, et le bruit, le mouvement et l'avenir qu'ils font !

À vendre les applications de calcul et les sauts d'harmonie inouïs.
Les trouvailles et les termes non soupçonnés, possession immédiate,

Élan insensé et infini aux splendeurs invisibles, aux délices insensibles, — et ses secrets affolants pour chaque vice — et sa gaîté effrayante pour la
foule —.

À vendre les
Corps, les voix, l'immense opulence inquestionnable, ce qu'on ne vendra jamais.
Les vendeurs ne sont pas à bout de solde !
Les voyageurs n ont pas a rendre leur commission de si tôt !



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

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