Silence, René-François Sully Prudhomme
Poèmes

Silence

par René-François Sully Prudhomme

Sonnet.

La pudeur n'a pas de clémence,
Nul aveu ne reste impuni,
Et c'est par le premier nenni
Que l'ère des douleurs commence.

De ta bouche où ton cœur s'élance
Que l'aveu reste donc banni !
Le cœur peut offrir l'infini
Dans la profondeur du silence.

Baise sa main sans la presser
Comme un lis facile à blesser,
Qui tremble à la moindre secousse ;

Et l'aimant sans nommer l'amour,
Tais-lui que sa présence est douce,
La tienne sera douce un jour.

Extrait de: 
Les vaines tendresses (1875)



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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