Pour « la Plume », Paul Verlaine
Poèmes

Pour « la Plume »

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

I

Je veux dire en ces quelques vers
La bonne opinion que j'ai
Sur les gens bien et l'endroit gai.
Fût l'endroit triste avec des gens divers.

(Or, j'ai passé pas mal d'hivers
Et de printemps gai comme un geai.
Triste comme un cygne à l'essai.
Tour à tour chaste mais pervers.)

Ma bonne opinion est telle,
Dans cette fête qui m'allume.
Mesdames, ô vous toute belle.

Messieurs, ô vous tous un génie.
Que si j'osais, sans ironie.
Je me glorifierais d'être, aussi, président de la
Plume.

II

Je ne suis plus encore un faune
Et je dirai dans mes regrets
Un sonnet à la b
Plume après
Que je ne serai plus aphone

Sans le faire, hélas ! trop exprès.
Ma muse, qui parfois rit jaune
Et voit rouge et noir et tout près
D'y voir rose, puisque suis ès-

Amis, vous dit :
Amis, mon trône,
Puisque je suis le
Président
De ces agapes fraternelles''.

Ou du moins mon fauteuil prudent.
Mon fauteuil, ou si vos prunelles
Y découvrent un trône trop...

Je vous salue, amis, et m'assieds au galop.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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