Poèmes

Petty Larcenies

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

Canaille subalterne,
Sergots, cochers, logeurs,
Plate race à l'œil terne.
Chiens couchants et mauvais coucheurs,

Je vous aime et j'estime
Votre petit trafic
Qui, n'osant pas le crime.
Ment et vole, depuis le flic

Jusqu'au collignon rouge
De veste et de gilet,
Jusqu'au teneur de bouge
Et de sommeil qu'un rien troublait.

T'en souvient-il.
Moi-même,
De tous leurs humbles trucs.
Quand la richesse extrême
N'avait pas pompé tous tes sucs !...

Le flic aimait la pièce.
Aussi le collignon.
L'hostelier, gente espèce,
A son tour ne disait pas non...

Puis, pour être à la coule
De ce siècle crevant.
Chacun de cette foule
Donnait gentiment de l'avant.

Et, les yeux en extase
Vers la
Haute, ces bons
Garçons — le fond du vase —
A leur tour devenaient fripons,

Et de fripons fripouilles,
Si que, selon les gens, «
C'est la fin des grenouilles... »
Grands dieux, soyez-nous indulgents !



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top