n'étant de Mes Ennuis la Fortune Assouvie, Joachim du Bellay
Poèmes

n'étant de Mes Ennuis la Fortune Assouvie

par Joachim du Bellay

Joachim Du Bellay

Sonnet XLI.

N'étant de mes ennuis la fortune assouvie,
Afin que je devinsse à moi-même odieux,
M'ôta de mes amis celui que j'aimais mieux,
Et sans qui je n'avais de vivre nulle envie.

Donc l'éternelle nuit a ta clarté ravie,
Et je ne t'ai suivi parmi ces obscurs lieux !
Toi, qui m'as plus aimé que ta vie et tes yeux,
Toi, que j'ai plus aimé que mes yeux et ma vie.

Hélas, cher compagnon, que ne puis-je être encore
Le frère de Pollux, toi celui de Castor,
Puisque notre amitié fut plus que fraternelle ?

Reçois donques ces pleurs, pour gage de ma foi,
Et ces vers qui rendront, si je ne me déçois,
De si rare initié la mémoire éternelle.

Extrait de: 
Recueil : Les Regrets (1558)



Poème publié et mis à jour le: 12 juillet 2017

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top