Poèmes

Nancy

par Christophe Condello

*

Le logement
se situe de l’autre côté
de ma vie
aux environs du 1846
à trois bancs de neige de la raison
et à moins de cinq
de l’entrée d’un parc
inaccessible en décembre
les rideaux sont tirés
en permanence
comme pour dissimuler
un peu de mystère

à l’intérieur
deux ombres
une fille et un garçon peut-être
nerveux
à l’idée de se dévêtir
de nos peurs
et sur le point de faire l’amour
pour la première fois

c’est vendredi pour le reste du monde
le début de la fin
de semaine
mais pas pour nous
rien n’est joué me dis-je
tout peut encore changer
les yeux d'un chien
semblent d'accord avec ça
et pourtant
mon cœur d'homme
me raconte une histoire
que je sais déjà
inexorablement en marche

*

Singulier
de te quitter
dans ce théâtre
qu’est la vie
le jour se levant
jusqu’au regard

dans la cohue phénoménale
des voitures gelées

un silence
tapi dans l’ombre
un autre prêt à jaillir
à l’horizon

tout ce corps
accueillant
une quantité d’éclairs
difficile à effacer

une neige soudaine
lave mes lèvres

*

De loin
j’observe la maison
de ton visage
les lueurs qui brillent encore
aux petites heures du matin
quelqu’un y a ouvert une fenêtre
un autre une porte
ou deux
le vent nous rappelle
des carreaux brisés
par la passion
des années emportées

tu me regardes parfois
comme si tu en savais beaucoup plus
de ce qui s’en vient

sur la pointe des pieds
même le jour
ne peut deviner
malgré les pigeons en rang serré
que nous sommes si bien
ensemble

*

Christophe Condello
1er janvier 2013

Extrait de: 
Rien de plus qu'un écho

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