Poèmes

Maternité

par Kaliam

Maternité

Il y a des matins où tout le monde dort.
Moi je suis éveillée et j’entends les oiseaux…
Doux poème que leur chant de gorge à la voix d’or
Triste plainte que le cri de faim des tourtereaux.

Ils appellent leur mère, l’appétit les réveille !
Deux petits oisillons serrés plume contre plume.
L’un est d’un gris argent de la queue aux oreilles,
L’autre porte sur la tête un duvet blanc d’écume.

On a faim, vite mère ! Apporte-nous des vers !
Ou tout autre festin, même quelques insectes.
Nos ventres affamés et nos becs entr’ouverts,
Attendent les tendres proies que pour nous tu collectes.

J’imagine la maman décollant de son nid.
Son instinct maternel prend alors le dessus.
Elle ne supporte pas la famine des petits,
Et s’en va sans attendre d’un vol résolu.

Mais il y a des matins rafraîchis de rosée,
Où j’entends l’escalier grincer sous des pas lourds…
Ils sont prêts ! La cuisine exhale le café,
Besaces et cartouchières attendent dans la cour.

Ils sortent en riant, la bedaine matinale
Remplie d’un peu de vin et de pain aux lardons.
Ils parient en rotant que ce soir l’animal
Tournera sur la broche, cuit aux petits oignons.

Tourterelle est rentrée, je la sens se poser
Sur la plus haute branche de ce chêne empereur,
Un chêne majestueux ceint de beaux châtaigniers
Où elle a fait son nid sans penser aux chasseurs.

Les p’tits piafs sont contents, maman est revenue !
Petite panse qui gargouille sera vite remplie !
Deux petits becs s’ouvrent ignorant le menu,
Peut être quelques vers pour nos deux tous petits.

La voilà repartie, les oisillons repus
Elle va pouvoir manger car la faim la tenaille.
Elle traverse le champ battu par les charrues
Et se pose lentement sur une botte de paille.

Ils sont là, aux aguets, je le sens, je le sais !
Surveillant chaque geste de la belle tourterelle…
Ils attendent qu’elle s’envole, l’un est prêt à tirer !
J’entends le coup de feu qui lui brise son aile…

Il y a des matins où tout le monde dort.
Personne ne s’inquiète des petits oisillons.
Mais moi je les entends piaillant jusqu’à la mort…
Pendant que leur maman cuit aux petits oignons.

Extrait de: 
Mais il y a des matins rafraîchis de rosée, Où j’entends l’escalier grincer sous des pas lourds…

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