Marie, Guillaume Apollinaire
Poèmes

Marie

par Guillaume Apollinaire

Guillaume Apollinaire

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la madotte qui sautille
Toutes les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous
Marie

Les masques sont silencieux

Et la musique est si lointaine

Qu'elle semble venir des deux

Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine

Et mon mal est délicieux

Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la
Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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