Poèmes

Madré de Dios

par Léo Ferré

Épouvantables assassins de l'Atlantique

Négriers fous aux torses maculés

Vous avez le remords tranquille avec la trique

Et les flottes de l'or qui dorment loin d'Europe
Au fonds des mers figées par le regret
Balancent doucement leurs vergues philanthropes

Pendant que vous songez
Noyés de l'aventure

Aux ventres que vous n'avez pu violer

Les ventres d'or de ces bateaux aux cales mûres

Cet or je le prendrai dans mes nuits poétiques

Et je l'orfèvrerai comme il se doit

Haubans d'azur beaupré de sang timon lyrique

Qui s'en ira dévotement vers
Madeleine
Mieux qu'un bijou sonnant qui chante au doigt
Sitôt cambrée dessus elle fera misaine

Tu seras mon galion je serai ton pirate

Et je t'aborderai à bout portant

Tes dentelles feront la voile à ma frégate

Et frémiront d'amour au sextant de ma race
Dressée aux aigles doux du vent d'autan
Enchaînée à l'azur qui me suit à la trace

Ô marins de la
Course étoiles de rapine
Les galions sont ventrus et vous régnez
Terriblement dans les mémoires sous-marines

Prenez le vent sur mon bateau de souvenance

Gréé d'amour et le reste aux aguets

Grevés de ciel gorgés de
Dieu et d'importance

Nous écrirons partout le message atlantique

De ces galions d'Espagne et d'autres lieux

Qui s'ennuient ployant d'or et de marins épiques

Et nous y plongerons dedans tous les curieux



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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