Poèmes

Ma Petite Soeur

par Laity Ndiaye

Elle est assise toute seule au balcon,
Devant elle tout un essaim de questions,
Il y a celles qu’on pose et celles qu’on tait.
Elle cligne au soleil couchant à l’horizon,
Puis avec sa bouche huilée fait un trait ;
Son regard s’enflamme : elle se sent plus femme.
Femme ? Elle n’a que treize ans notre dame !
Mais le regard des hommes lui dit l’inverse,

Sa rondeur, tout en elle la bouleverse.
Grande mais si petite finalement :
Hier, elle courait à travers les champs,
Roulait dans l’herbe, dans la rosée, riait.

Oui ! Elle riait car aujourd’hui elle fait un trait :
Étire ses lèvres bombées pour nous satisfaire,
Tord sa taille de libellule et regarde en l’air.
Dans sa chambre couverte de photos, elle se taille
Les ongles, se coiffe, se miroite puis baille
Et vole dans le monde trompeur des grands à pleines ailes.

Les fables qu’elle aimait désormais sont très nulles
Et moi je suis lamentablement ridicule
À m’efforcer tant bien que mal à la distraire.
Elle ne lit plus Blanche Neige, ni Cendrillon,
N’aime plus Daisy mais préfère « Femme Ordinaire »,
La nouvelle revue pour femmes dans les rayons.

Elle trémousse son corps plus que d’ordinaire
Car Anta la starlette du coin fait pareil.
Elle souffre mais elle se tait par orgueil.

Je peux voir qu’elle veut découvrir plus dès lors…
Elle cherche de quoi est capable son corps,
Elle le pousse à bout et se blesse parfois.
Et à moi il revient de la soulever,
Car elle a beau faire mais reste une enfant encore
Même si elle s’obstine à le nier toutefois.

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