Poèmes

Louise

par Antonin Carrette

Nous étions là, tous les deux
A discuter de ta maladie.
Le chemin de mes larmes était sinueux,
Mais bien-sûr, face à toi j'ai souri.
Tu me dis que ton mal-être s'aggrave,
Que tu dois être opérée ce soir.
Mon bonheur de te revoir,
En quelques secondes, fut mis sous entrave.
Ce cancer s'obstine à nous priver de merveilleux moments
Qu'on s'est promis de rattraper.
Malgré tout, je reste effrayé
A l'idée que même nos promesses se perdent à travers le temps.
Pas l'occasion d'approfondir mes pensées,
Il est déjà dix-neuf heures, ton taxi attend.
Dans une heure, tu seras hospitalisée
Rendant mon esprit vacant.
Ce dernier qui depuis, nourrit une plaie intime,
Me ronge d'une culpabilité anonyme.
Je pense à toi sans cesse.
Entre pleurs et peur,
J'ai les syndromes d'un état d'ivresse.
Ma sobriété justifie ma stupeur.
Si je venais à plonger dans l'alcool,
C'est que mes pensées sont ancrées.
Quand tout le monde dort, mon coeur s'affole,
Je me sens asphyxié,
J'attrape les yeux couleur flamme,
Alors que mes espoirs tombent à l'eau.
Je prie pour cette femme,
Que le monde veut emporter trop tôt.
Mon regard se dirige vers les étoiles
Représentant peut-être déjà celle pour qui j'ai tant d'égard,
Entrainant pour mon âme un envol nuptial
Car, entre nous, je refuse tout écart.
S'accouplant à ces sentiments de névroses,
Ma haine et mon dégoût envers l'humanité m'aident à tenir debout
Lorsque je m'impatiente à l'idée que tes paupières éclosent.
A croire que Dieu ne tient entre ses mains que des poupées vaudou.
Que cela puisse arriver à des personnes telles que toi m'enrage.
Ta peau reflétait toute ta tendresse.
Je prends ces évènements comme un double cambriolage.
Le seigneur est celui qui exerce le mieux la paresse.
Désormais, je l'appellerai "saigneur" de par son absence
Et ferai une croix sur sa présence.

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Retour au Top