Lézard, Aristide Bruant
Poèmes

Lézard

par Aristide Bruant

On prend des magnièr’ à quinze ans,
Pis on grandit sans
Qu’on les perde :
Ainsi, moi, j’aim’ ben roupiller,
J’ peux pas travailler,
Ça m’emmerde.

....

J’en foutrai jamai’ eun’ secousse,
Mêm’ pas dans la rousse,
Ni dans rien.
Pendant que l’soir ej’ fais ma frape,
Ma sœur fait la r’tape,
Et c’est bien :

Alle a pus d’ daron, pus d’ daronne,
Alle a plus personne,
Alle a qu’ moi.
Au lieu d’ sout’nir ses père et mère,
A soutient son frère,
Et pis, quoi ?

Son maquet, c’est mon camarade :
I’ veut ben que j’fade
Avec eux.
Aussi j’ l’aime mon beau-frère Ernesse,
Il est à la r’dresse,
Pour nous deux.

Ej’ m’occup’ jamais du ménage,
Ej’ j’suis libe, ej’ nage
Au dehors,
Ej’ vas sous les sapins, aux Buttes,
Là, j’allong’ mes flûtes,
Et j’ m’endors.

....

On prend des magnièr’ à quinze ans,
Pis on grandit sans
Qu’on les perde :
Ainsi, moi, j’aim’ ben roupiller,
J’ peux pas travailler,
Ça m’emmerde.



Poème publié et mis à jour le: 24 juin 2019

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