L'Ete, Michel Deguy
Poèmes

L'Ete

par Michel Deguy

Le jour roule sur le chant des tourterelles.
La bourrasque au bruit d'edredon livre le ciel au soleil.

L'âme se défroisse sur le lit des os.

Le pont-levis du chemin s'abaisse vers la mer ; hors du manoir des pins suis allé demander le poème des dunes, entre l'écume et le maïs.

Etape aux portes des champs; le vent la lève, il faut partir.

Un courlis prisonnier du roncier crie comme un courlis blessé.

Echos de lumière sous le verger roman ; frisson de joie dans la volière des trembles ; le pommier met ses boucles d'oreille ; les bleuets montent sur les barricades ; la rivière
passe sous les fleurs.
Des colombes s'abattent : flocons de la lune pâle à midi.

Je vois les papillons papillonner à la rencontre.
Pin et chêne je les entends s'essouffler l'un vers l'autre; partout deux mains tentent de se rejoindre.

La lumière prend feu aux ardoises, qui la concentrent vers la terre : foyer du village aux quatre temps.

La nuit le toit doublera l'ombre.



Poème publié et mis à jour le: 12 juillet 2017

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