Poèmes

Les Stupra

par Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud

Les anciens animaux saillissaient, même en course.
Avec des glands bardés de sang et d'excrément.
Nos pères étalaient leur membre fièrement
Par le pli de la gaine et le grain de la bourse.

Au moyen âge pour la femelle, ange ou pource.
Il fallait un gaillard de solide grément;
Même un
Kléber, d'après la culotte qui ment
Peut-être un peu, n'a pas dû manquer de ressource.

D'ailleurs l'homme au plus fier mammifère est égal;
L'énormité de leur membre à tort nous étonne;
Mais une heure stérile a sonné : le cheval

Et le bœuf ont bridé leurs ardeurs, et personne

N'osera plus dresser son orgueil génital

Dans les bosquets où grouille une enfance bouffonne.

Nos fesses ne sont pas les leurs.
Souvent j'ai vu
Des gens déboutonnés derrière quelque haie.
Et, dans ces bains sans gêne où l'enfance s'égaie.
J'observais le plan et l'effet de notre cul.

Plus ferme, blême en bien des cas, il est pourvu
De méplats évidents que tapisse la claie
Des poils; pour elles, c'est seulement dans la raie
Charmante que fleurit le long satin touffu.

Une ingéniosité touchante et merveilleuse

Comme l'on ne voit qu'aux anges des saints tableaux

Imite la joue où le sourire se creuse.

Oh ! de même être nus, chercher joie et repos,

Le front tourné vers sa .portion glorieuse.

Et libres tous les deux murmurer des sanglots?



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

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