Les Semblables, Paul Eluard
Poèmes

Les Semblables

par Paul Eluard

Je change d'idée

A suivre les brises de fil fin

A suivre tes jambes tes mains tes yeux

La robe habile qui t'invente

Pour que tu la remplaces.

Je change d'idée
Tu passes dans la rue
Dans un ouragan de soleil
Je te rencontre je m'arrête
Je suis jeune tu t'en souviens.

Je change d'idée

Ta bouche est absente

Je ne te parle plus tu dors

Il y a des feux de terreur dans ta nuit

Un champ de larmes claires dans tes rêves

Nous ne sommes pas tristes ensemble

Je t'oublie.

Je change d'idée

Tu ne peux pas dormir

Sur des échelles nonchalantes
Interminablement
Entre la fleur et le fruit
Dans l'espace
Entre la fleur et le fruit
Tu cherches le sommeil
La première gelée blanche
Et tu m'oublies.

Je change d'idée

Tu ris tu joues tu es vivante

Et curieuse un désert se peuplerait pour toi

Et j'ai confiance.

Fini

Je n'ai jamais pu t'oublier

Nous ne nous quitterons jamais

Il faut donner à la sécurité

La neige paysanne la meule à ruines

Une mort convenable

Le jour en pure perte noie les étoiles

A la pointe d'un seul regard

De la même contemplation

Il faut brûler le sphinx qui nous ressemble

Et ses yeux de saison

Et ses mousses de solitude.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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