Les Rostres, José-Maria de Heredia
Poèmes

Les Rostres

par José-Maria de Heredia

Franchis l'arc triomphal qui croulera demain
Et regarde, désert sous la splendeur nocturne,
Du lac de
Curtius à celui de
Juturne,
Ce qui naguère fut le grand
Forum romain.

Un vil peuple y débat le sort du genre humain
Et le vote vénal emplit la ciste et l'urne.
Les
Consuls sont muets, le
Sénat taciturne ;
Un homme tient le monde et
Rome dans sa main.

César a rebâti la tribune aux harangues.
L'univers y défile et dispute en cent langues,
Bientôt on y verra des rhéteurs de
Thulé.

Au loin, gisent, laissés à la poussière et l'herbe,
Les vieux
Rostres...
C'est là que
Gracchus a parlé
Et l'airain vibre encor de la rumeur du verbe.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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