Les Philippiques, François-Joseph de Lagrange Chancel
Poèmes

Les Philippiques

par François-Joseph de Lagrange Chancel

Ode première

Vous dont l'éloquence rapide
Concre deux tyrans inhumains
Eut jadis l'audace intrépide
D'armer les
Grecs et les
Romains ',
Contre un monstre encor plus farouche
Mettez votre fiel en ma bouche :
Je brûle de suivre vos pas.
Je vais affronter le naufrage,
Plus charmé de votre courage
Qu'effrayé de votre trépas.

À peine il ouvrit les paupières,

Que tel qu'il se montre aujourd'hui.

Il fut indigné des barrières

Qu'il vit entre le
Trône et lui.

Dans ces détestables idées,

De l'art des
Circés, des
Médées2,

Il fit ses uniques plaisirs;

Il crut cette voie infernale

Digne de remplir l'intervalle

Qui s'opposait à ses désirs.

Contre ses villes mutinées

Un roi l'appelle à son secours,

Er lui commet les destinées

De son empire et de ses jours.

Mais prince aveugle et sans alarmes,

Vois qu'il ne prend en main les armes

Que pour devenir ton tyran,

Et pour imiter la furie

Par qui jadis ton
Ibérie

Subit le joug de l'Alcoran4.

Que de divorces, que d'incestes
Seront le fruit de tes complots !
Verrons-nous les flambeaux célestes
Reculer encor sous les flots ?
Peuple, arme-toi, défends ton maître,
Apprends que la main de ce traître,
Cherche à lui ravir ses
Etats ;
Le lit même de ton
Philippe
Doit voir de
Thyeste et d'Œdipe
Renouveler les attentats.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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