Les Orientales, Victor Hugo
Poèmes

Les Orientales

par Victor Hugo

Victor Hugo

La mer! partout la mer! des flots, des flots encor.
L'oiseau fatigue en vain son inégal essor.

Ici les flots, là-bas les ondes;
Toujours des flots sans fin par des flots repoussés;
L'œil ne voit que des flots dans l'abîme entassés

Rouler sous les vagues profondes.

Parfois de grands poissons, à fleur d'eau voyageant.
Font reluire au soleil leurs nageoires d'argent,

Ou l'azur de leurs larges queues.
La mer semble un troupeau secouant sa toison,
Mais un cercle d'airain ferme au loin l'horizon;

Le ciel bleu se mêle aux eaux bleues.


Faut-il sécher ces mers? dit le nuage en feu.


Non! —
Il reprit son vol sous le souffle de
Dieu.

Un golfe aux vertes collines
Se mirant dans le flot clair ! —
Des buffles, des javelines.
Et des chants joyeux dans l'air! —
C'était la tente et la crèche,
La tribu qui chasse et pêche.
Qui vit libre, et dont la flèche
Jouterait avec réclair.



Poème publié et mis à jour le: 16 novembre 2012

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