Les Odes, Pierre de Ronsard
Poèmes

Les Odes

par Pierre de Ronsard

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au
Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée.
Et son teint au vostre pareil.

Las! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ! ses beautez laissé cheoir !
O vrayment marastre
Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne.
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

Fay refraischir mon vin de sorte
Qu'il passe en froideur un glaçon;
Fay venir
Janne, qu'elle apporte
Son luth pour dire une chanson :
Nous
Dallerons tous trois au son;
Et dy à
Barbe qu'elle vienne,
Les cheveux tors à la façon
D'une follastre
Italienne.

Ne vois-tu que le jour se passe ?
Je ne vy point au lendemain.
Page, reverse dans ma tasse.
Que ce grand verre soit tout plain.
Maudit soit qui languit en vain.
Ces vieux
Médecins je n'appreuve :
Mon cerveau n'est jamais bien sain,
Si beaucoup de vin ne l'abreuve.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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