Les Mères, Victor Hugo
Poèmes

Les Mères

par Victor Hugo

Victor Hugo

Les mères ont senti tressaillir leurs entrailles.
Les lourds caissons chargés de boîtes à mitrailles
Courent, et l'on dirait qu'ils bondissent joyeux.
Le peuple de Paris, pensif, les suit des yeux
Et s'en va par les quais vers les Champs-Élysées.
On ferme les maisons, on se penche aux croisées ;
La cohue en haillons, morne comme la nuit,
Marche, grossit, s'avance, et l'on entend le bruit
Que font les bataillons et les cavaleries.
Elle passe, sinistre, auprès des Tuileries.
Oh ! de ceux qui s'en vont, rêvant, par ce chemin,
Combien ne verront pas le soleil de demain !
Dans cette multitude aux pantomimes sombres
Combien parlent encor qui déjà sont des ombres !
Guerre civile ! émeute ! ô deuil ! combien ce soir
Auront pour dernier lit le pavé froid et noir !

Extrait de: 
Toute la lyre (1888 et 1893)



Poème publié et mis à jour le: 16 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top