Les Coupes, Wafaa Lamrani
Poèmes

Les Coupes

par Wafaa Lamrani

Coupe de
Dieu

Là-bas, sous la clarté d'une lune qui ne vieillit pas.
Dieu m'a embrassée et conviée au banquet de mon suicide.
Les noces de l'âme étaient aussi appétissantes qu'une antique blessure brillant de tous ses feux.
Avec délicatesse et humilité, m'a enseigné à accueillir la vie, mais quand je suis sortie dans l'espace du cœur, la grande mort s'est mise à pleurer en moi.
Dieu ira loin dans mon émancipation.

Coupe de la lettre

toi fasciné par le désir qui ne vient.

Cette nuit, j'ai regorgé de toi, et de mes lamentations me suis

emplie.
Mollesse dans les doigts et envie de toutes les saisons.

Ta face d'Akhenaton goutte de mes montures d'antan cheminant

vers les îles pluvieuses du sang.

En voyage, j'ai découvert une artère captive comme mon autre

visage.
O vert éclatant du soleil de mon amertume, voici de moi

les palanquins imprégnés de belle fatigue, cherchant ton ombrage.

Coupe de l'âme

Je tombe, tombe, et pas de fond, semblable à ce soleil au déclin.

gisant derrière mon balcon.
Fumée reprisant d'impossible ma

vie.
Le poumon est vide tel un bigaradier en été.
Le sang, un

espace pur se levant au loin.

Je voudrais m'élancer vers moi-même.
Lâcher ce vide comprimé

entre mes côtes en espérant que l'air se modèlera en troisième

poumon pour les explosions de mon âme.

Coupe de la liberté

Je me suis réjouie de ton retour, ô ma main gauche.

Ton exil royal m'avait tant attristée.

Coupe des profondeurs

Cette nuit est votre fête, ô profondeurs rétives.
Accourez à votre belle folie brusquement éteinte, et revêtez les atours de votre instant enfoui.
Laissez libre cours à votre délire encore plus beau, et donnez-vous entièrement comme un cheveu amoureux que fait trembler la chanson mélodieuse interprétée sur
deux cordes de vent.

Coupe de la nuit

Dans la paix de la nuit, j'ai appris à écouter la beauté de
Dieu

et la splendeur des connaissants.

Coupe du corps

Je déclare la langue fête violette de mon âme et m'obstine à

poursuivre mon corps.
Euphorie de cette oppression étendue

depuis des siècles sur mes barreaux.

Mille fois chaque jour le corps meurt en moi et ressuscite à

chaque pulsation en ce grand deuil qui me guide. me porte

ainsi qu'une graine se reproduisant en toute chose.
Ah comment

brider mon corps pour qu'il n'outrepasse pas tout ?

Le voici maintenant perdu dans quelque chose d'étrange et de

calme.
Puisse la vibration montant de
Dieu l'illuminer.

Coupe de l'amour

Aujourd'hui, les bourgeons de ma blessure ont fleuri.

Coupe du destin

Le destin n'est rien d'autre que ce dont l'enfance est grosse.
C'est pourquoi je vis en permanence mon enfance, avec une dépression dans les entrailles atteignant l'altitude du ciel.

Coupe du temps

Un vide inexorable remplit mes jours, et mon époque est une

plantation de bois.
Le bois n'étreindra jamais que son embrasement.

Coupe de la vie

Souple est cette vie, si docile

et moi je n'aime pas les dociles !

Coupe de la mort



Poème publié et mis à jour le: 16 novembre 2012

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