Poèmes

Les Cloches et les Larmes

par Marceline Desbordes-Valmore

Marceline Desbordes-Valmore

Sur la terre où sonne l'heure,

Tout pleure, ah ! mon
Dieu ! tout pleure.

L'orgue sous le sombre arceau,
Le pauvre offrant sa neuvaine,
Le prisonnier dans sa chaîne
Et l'enfant dans son berceau ;

Sur la terre où sonne l'heure,

Tout pleure, ah ! mon
Dieu ! tout pleure.

La cloche pleure le jour
Qui va mourir sur l'église,
Et cette pleureuse assise
Qu'a-t-eÛe à pleurer ?...
L'amour.

Sur la terre où sonne l'heure,

Tout pleure, ah ! mon
Dieu ! tout pleure.

Priant les anges cachés
D'assoupir ses nuits funestes.
Voyez, aux sphères célestes.
Ses longs regards attachés.

Sur la terre où sonne l'heure,

Tout pleure, ah ! mon
Dieu ! tout pleure.

Et le ciel a répondu : "Terre, ô terre, attendez l'heure !
J'ai dit à tout ce qui pleure,
Que tout lui sera rendu."

Sonnez, cloches ruisselantes !
Ruisselez, larmes brûlantes !
Cloches qui pleurez le jour !
Beaux yeux qui pleurez l'amour !



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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